Bio

Crédit Photo : Morgane Carles

Old Bottle – New Wine

Si vous vous trouvez au croisement de la rue des Lombards et du Boulevard Sébastopole, vous avez de grandes chances de croiser le Selmer de Jon Boutellier.

Né à Vienne (Isère) en 1986, Jon grandit dans l’ambiance du festival de jazz créé par son père, qui l’incite à abandonner le violon pour commencer le saxophone à l’âge de 7 ans. Jusqu’au milieu des années 1990, la maison familiale fait office de Q.G. pour Jazz à Vienne, et de nombreux musiciens américains comme Wynton Marsalis, Dizzy Gillespie, Randy Weston ou Budd Johnson sont de passage à la maison. Il étudie cette musique grâce à l’impressionnante discothèque familiale, mais aussi dans les nombreuses jam-sessions lyonnaises et parisiennes. Il complète sa formation au sein des Conservatoire de Vienne, Lyon puis de Paris : il en sortira avec un Master de Jazz, un Master de pédagogie du Jazz (CA) ainsi qu’une formation en musique de films.

À Paris, il développe un goût pour l’écriture pour la composition et l’arrangement pour grands ensemble, et décide de fonder, en 2010, avec ses amis Fred Nardin, Bastien Ballaz et David Enhco, le Keystone Big-Band. Cet orchestre, big band « traditionnel », est composé d’amis musiciens, rencontrés au gré des jams sessions entre Lyon et Paris. C’est aussi pour lui un laboratoire pour affiner sa maîtrise de l’arrangement. L’orchestre grandit d’année en année, et a collaboré avec Quincy Jones, Cécile McLorin Salvant, Liz McComb, Gregory Porter, Kellylee Evans, Zaz, Stochelo Rosenberg, Thomas Dutronc, Didier Lockwood, Célia Kaméni, Bill Mobley, China Moses, Hugh Coltman… Le Keytsone s’est produit dans la plupart des grands festivals français et européens incluant, Vienne -évidemment-, Marciac, Coutances, Jazz en Baie, Northsea Jazz, et des grands théâtres et salles de spectacle en France. Plus d’une dizaine d’albums ont été enregistrés par cet orchestre, qui a été récompensé en 2013 par le prix du disque de jazz français pour « Pierre et le Loup et le Jazz », et a été nominé aux Victoires du Jazz en 2018.

Parallèlement à ses activités avec le Keystone Big Band, Jon anime depuis 2014 les after hours du samedi du Duc des Lombards, l’une des meilleures jams parisiennes selon la saxophoniste américaine Lisa Simpson. Il joue aussi en quartet qu’il co-lead avec son jumeau musical Fred Nardin, dont le disque Watt’s est sorti en 2016 et joue dans le quintet du pianiste Eric Legnini tourné vers la musique de Les McCann.

Il met à profit ses qualités d’arrangeur auprès du pianiste Laurent Courthaliac en 2016, en orchestrant son album « All my Life », qui sera salué par la critique et récompensé par le prix du disque de jazz français de l’année 2016 de l’Académie du Jazz.

Musicien assez versatile, Jon est autant à l’aise dans un contexte « traditionel » que plus « moderne ». Ses saxophonistes préférés sont Joe Henderson, Stanley Turrentine, Hank Mobley et Teddy Edwards : des ténors qui n’ont pas un mais du style. Il admire également le saxophoniste -trop méconnu- Budd Johnson, dont le son était d’une étonnante modernité et qui était un sorcier de l’arrangement. En tant que compositeur et arrangeur, il voue un culte sans borne au travail de Thad Jones, Johnny Mandel et Quincy Jones, avec lequel il a eu la chance de travailler et enregistrer en 2014.

Que se soit en soufflant dans son Mark VI ou en écrivant des arragements, l’objectif de Jon est moins d’arriver à structurer un discours dans un idiome prédéfini que d’essayer de perfectioner un langage et une synthaxe permettant de trouver des points d’appuis pour provoquer en continu la section rythmique, afin d’atteindre une catharsis collective de la jubilation : le fameux « yeah, man ».

Soucieux de transmettre sa vision du jazz, Jon a enseigné de 2014 à 2018 l’harmonie jazz et le saxophone au Conservatoire de Lyon.